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Du e-learning, au MOOC, une révolution en marche?

On parle depuis quelques années de révolution dans le domaine de la formation grace au numerique. E-learning, TICE, e-education, Mooc, digital learning, Mooc, SPOC… Vous avez peut-être déjà entendu parlé de ces nouveaux fomats. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Ces nouveaux modes d’apprentissage correspondent-ils à la révolution annoncée, ou s’agit-il d’une innovation « gadget « ?

La formation à distance à l’ère d’internet et du web 2.0.

Ces nouveaux formats ont tous deux points communs. Le premier, c’est qu’ils permettent de faire de la formation à distance. Jusque là rien de révolutionnaire, la formation à distance existe depuis longtemps. Son histoire débuterait même selon MARCO BERTOLINI  en 1728. « Il nous révèle que les premiers cours à distance [auraient] été proposés dès 1728, par un certain Caleb Phillips […] qui proposait, à l’époque des cours de correspondance privée à travers des petites annonces publiées dans la Boston Gazette. » Cet auteur nous donne une petite histoire intéressante de la formation à distance dans ce billet. https://format30.com

https://trouvetavoie.files.wordpress.com/2014/02/histoire-formation-a-distance.jpg?w=700&h=901

Le deuxième point commun, c’est qu’ils utilisent les innovations technologiques pour en théorie, améliorer l’expérience de l’apprenant tout en en augmentant la performance de l’apprentissage, d’où l’explosion du digital learning depuis quelques années avec l’arrivée d’internet et du web 2.0. Aujourd’hui, les formats sont divers et variés et il est parfois difficile de se retrouver dans les différentes appellations : tutos, e-learning, Mooc, Spoc…

Qui utilise le digital learning aujourd’hui ?

Mais me direz-vous qui utilisent ces nouveaux formats ? Et ça marche vraiment ? Apprend-on vraiment des choses ?

Les premiers utilisateurs concernés par ces formats sont les salariés des entreprises. Comme nous le dit Marie Prat dans l’introduction de son livre “Réussir un projet de digital learning”, le e-learning (en France) s’est d’abord développé dans les grandes entreprises qui y ont vu un moyen de réduire leurs coûts et l’opportunité d’un déploiement plus rapide des formations. ». C’était un moyen de former plus de gens sur un contenu unique, qui de plus est à distance, ce qui permet de faire des économies sur les frais liés à la formation en présentiel (location de salle, transport).

On est donc parfois loin de la révolution pédagogique annoncée mais plus proche d’une opportunité économique.

Les seconds utilisateurs sont les apprenant de tous bords. Les étudiants, mais aussi « Monsieur tout le monde » qui veut se former sur un micro sujet ou devenir expert dans un domaine.

Le développement des plateformes de Mooc

Face à ce second public, d’autres acteurs sont apparus et ont innové en la matière.

BlackBoarde-College ou encore SmartThinking apparaissent dés 1999… La plateforme de référence Moodle voit le jour dés 2001 et avait comme ambition de proposer de nouvelles interactions avec les apprenants.

Aujourd’hui, Coursera ou Fun (France Université Numérique) souhaite démocratiser l’accès aux savoirs universitaires. Elles se positionnent comme des diffuseurs de cours de qualité avec un déroulé pédagogique plus proche des enseignements classiques. Elles se positionnent donc face à des plateformes ouvertes de type blog ou de streaming videos qui permettent à des amateurs, des professionnels souvent regroupés en communauté de diffuser gratuitement du contenu via des blogs et autres vidéos.

Le digital learning dans sa définition la plus large regroupe donc des acteurs et des utilisateurs variés pour la simple et bonne raison que le digital learning est avant tout une manière de créer et de diffuser du contenu.

Mais qu’est-ce qui différencie alors les différentes formes d’apprentissages en ligne ?

Dans ces dernières années et l’avènement du web 2.0, les formats et les sujets explosent.

Des plateformes de tutoriels apparaissent. La formation amateur et spontanée apparaît avec les blogs et les plateformes de vidéos en streaming. On trouve des tutoriels ou « tutos » sur à-peu-près tous les sujets : développement web, maquillage, cuisine…

Les outils du web 2.0  permettent ainsi une production illimitée de contenus d’apprentissage.

Mais face à cette profusion et parfois à un manque de qualité des contenus, des acteurs ont commencé à commercialiser des services qui permettent de rémunérer des professionnels pour la production de contenus. Prenons par exemple la Plateforme Tuto.com qui propose selon eux pas moins de « 39 065 tutoriels, sur 351 thèmes pour un total de 15 462 heures de formation en vidéo ! ».

Personnellement, j’ai testé ces vidéos sur cette plateforme. Le constat que j’en fais, c’est que la qualité des vidéos varie d’un auteur à l’autre. Le format proposé consiste principalement à avoir un auteur qui réalise une action sur son ordinateur en réalisant une capture vidéo de son écran tout en commentant ses actions. L’avantage, c’est qu’on peut voir comment un professionnel réalise un site web par exemple et ainsi découvrir des techniques qui serait et difficiles à expliquer par écrit.

Open classroom est un autre acteur important de l’apprentissage en ligne et qui lui à l’inverse de Tuto.com propose des formations qui allient contenu rédigé sous forme de chapitres et de vidéos. Ces vidéos, cette fois, prennent la forme d’intervenants filmés face caméra et qui répètent en moins détaillé ce qui est écrit dans leur formation.

Ces plateformes contrairement aux blogs et plateformes de streaming essayent aujourd’hui de se positionner en tant que producteur de Mooc, manière pour elles de gagner en crédibilité face à l’engouement de ces nouveaux formats. Même si les formation proposées reprennent quelques codes du Mooc et s’en donnent le nom, on ne peut pas vraiment parler de Mooc à mon sens.

Le Mooc qu’est ce que c’est ?

Cet acronyme américain signifie Massive Online Open Course. Il a été inventé par Dave Cormier qui avait utilisé ce terme pour parler d’un de ces cours de l’université du Minesota. Depuis, le principe du Mooc a été étoffé.

Le principe du Mooc : des cours ouverts, le plus souvent gratuits, en ligne mais qui contrairement aux simples tutos sont structurés, mélange les différents supports : écrits, vidéos, infographies, liens, bibliographie, forum…

On trouve 2 définitions des Moocs :

Les xMooc : xMOOC : issus des cours traditionnels représenté par des Plateforme comme FUN (France Université Numérique).

Les cMooc : issus de l’approche connectiviste, qui corresponde plus au plateformes collaboratives de type Openclassroom.

Dans la jungle des Moocs aujourd’hui ,on trouve  notamment:

– Des cours en lignes comme sur Openclassroom et sur tuto.com qui proposent un parcours de formation thématique avec une évalution sous forme de QCM

– Des cours universitaires animés par un enseignant et des modérateurs pour un grand nombre de personnes

– Des cours tutorés pour des petits groupes qu’on appelle aussi SPOC pour Small Private Online Courses.

Certains MOOC proposés permettent d’obtenir une attestation de participation et peuventt être valorisé sur un CV. D’autres rentrant dans la catégorie des cMooc permettent de valider des compétences avec des certifications, voire des diplômes.

Open class room permet par exemple d’obtenir un Bachelor Chef de projet web et multimédia via leur Mooc https://openclassrooms.com/formation-chef-de-projet-multimedia. D’autres Mooc permettent d’obtenir un des crédits ECTS en vue de l’obtenion d’un diplôme universitaire. C’est le cas du Mooc Gestion de projet créé par Rémi Bachelet de l’Ecole centrale de Lille.

L’Ecole Centrale de Lille est aujourd’hui très active dans le domaine en France. Rémi Bachelet, maître de conférences à l’Ecole Centrale de Lille qui est le créateur duMOOC Gestion de Projet que j’ai moi-même suivi. Ce Mooc a réuni sur la dernière session près de 100 000 personnes.

Video : présentation du mooc gestion de projet

https://youtu.be/1-AtiS9LPjY

Il défend une idée du Mooc sur une période de 6 à 8 semaines avec des objectifs pédagogiques bien établis contrairement aux tutos et xMooc collaboratifs. On a donc un expert, qui jour le rôle d’enseignant qui va structuré son cours sur plusieurs semaines avec une vraie démarche pédagogique. Un Mooc selon lui doit inciter l’apprenant à être dans un rythme quotidien d’apprentissage même 15mn par jour. Les documents sont donc accessibles 24h/24h avec ou sans connexion. Les apprenants sont incités via de nombreux à collaborer avec les autres apprenants outils à la prise de notes collectives, à l’interaction sur les réseaux sociaux et les forums.

On peut résumé sa conception du Mooc par cette phrase : « Filmer un cours ne fait pas un MOOC ». Pour une autre expert du Mooc, Christine Vaufrey. «  Un cours filmé est une ressource alors qu’un MOOC est un parcours de formation ». Il faut pour elle, raisonner en termes d’interactivité plus que de contenus. « C’est à ce niveau que va se jouer la créativité, que va s’exprimer son talent de pédagogue ».

J’espère que vous y voyez plus clair. Si vous vous intéressez à ces modes d’apprentissage, je vous invite à consulter ces 4 sites de références.

https://fr.coursera.org/

http://mooc-francophone.com/

https://www.fun-mooc.fr/

http://fr.360learning.com/mooc-dentreprise

Mais le mieux pour vous faire votre opinion, c’est de vous insrire à un Mooc de votre choix et de le tester.